La maison de santé de Châteauneuf-sur-Sarthe a ouvert ses portes au printemps 2018 et accueille douze professionnels de santé. Les adhérents du réseau ÉCHOBAT Ets THOMAS , A Tout Métier et Solipass font partie des structures qui ont travaillé sur ce chantier. Sophie Seigneurin ( Seigneurin Architectes ) revient avec nous sur ce projet qu’elle a porté.  

Comment est né le projet ?

Il s’agit d’un projet privé porté par des professionnels, dont Christine Rénier-Tisné médecin généraliste, qui a réussi à fédérer différents praticiens. Maryline Lézé, Vice-présidente de la Communauté de communes des Vallées du Haut-Anjou, a collaboré activement afin que cet établissement soit porté par la collectivité publique. Des subventions de l’État et de la Région Pays de La Loire ont été allouées à ce projet pour qu’il voie le jour.

Nous avons aussi adopté une démarche de partenariat avec le maître d’ouvrage et les professionnels de santé, futurs utilisateurs du bâtiment. Cette concertation constante entre tous les acteurs a permis de pousser le projet au-delà d’une simple commande de collectivités. Les discussions nous ont permis de concrétiser les besoins et d’innover ensemble sur le fonctionnement de la maison de santé. C’est ainsi que nous avons créé un espace pour le service d’urgence, une salle multifonction notamment pour la prévention, mais aussi une salle de vacation qui fonctionnera en partenariat avec les cliniques d’Angers.

Quels sont les éléments clés de ce projet en matière d’écoconstruction ?

Ce bâtiment ayant pour vocation l’accueil des professionnels de santé et de leurs patients, nous avons mis l’accent sur la qualité de vie . Tous les espaces profitent d’un éclairement naturel grâce à de nombreuses ouvertures vers l’extérieur et d’un patio central qui donne sur la salle d’attente. Pour le confort visuel, nous avons aussi prévu une protection solaire grâce à des stores extérieurs et des brise-soleil en bois. De manière générale, nous avons privilégié l’utilisation du bois pour contribuer à créer une ambiance chaleureuse.

Nous avons eu recours à des matériaux biosourcés, non seulement dans un souci de respect de l’environnement , mais aussi afin de garantir une qualité de l’air optimale. Nous avons opté pour des isolations en fibre de bois avec frein vapeur et des cloisons en FERMACELL. Pour les finitions, nous avons là aussi utilisé des matériaux naturels et sains, tels que des peintures minérales (0% de composés organiques volatiles). Une ventilation double flux a enfin été installée pour améliorer le confort thermique et la qualité de l’air.

Plusieurs salariés en insertion ont travaillé sur ce chantier, pouvez-vous nous en dire plus ?

C’est un devoir de tout architecte que d’accompagner un maître d’ouvrage dans une démarche vertueuse afin d’insérer des personnes. Nous avons donc collaboré avec A tout Métier et Solipass, deux structures d’insertion par l’activité économique. 18 salariés en insertion ont ainsi participé aux travaux sur un total de 830 heures. L’objectif est de permettre à ce public en insertion de participer avec envie aux métiers du bâtiment ; un secteur d’activité qui risque par ailleurs de manquer cruellement de main d’œuvre ces prochaines années.

Les salariés en insertion ont pu suivre deux formations pratiques sur le chantier, leur permettant de monter en compétences sur ces métiers du bâtiment. Transmettre un savoir, au travers d’ateliers de mise en œuvre des matériaux biosourcés ou avec des spécialistes comme le Dr Suzanne DEOUX ( MEDIECO ), c’est donner du sens à chacun et avoir la sensation d’être acteur d’un monde meilleur et durable.  


Un projet primé à trois reprises :


© Olivier Calvez