Comment gérer les problématiques d’humidité et de qualité de l’air de l’habitat ?

Par Maxime Daniau, Chargé d’animation et de développement Pays de la Loire

 

Le 16 avril dernier se tenait la deuxième Rencontre Technique ÉCHOBAT autour des problématiques de l’humidité, la gestion de la vapeur d’eau et la ventilation. Lors de cet événement, différents membres du réseau sont intervenus pour partager leur expertise et donner les points clés à considérer pour rénover sans créer de désordres liés à l’humidité.

Gestion de l’humidité et du renouvellement de l’air : enjeux majeurs du confort et de la qualité de l’air

Une personne passe en moyenne 80 % de son temps dans un bâtiment et en particulier dans un logement. Plusieurs facteurs liés à l’humidité de l’air intérieur ainsi qu’à la présence de polluants ont un impact non négligeable sur la santé et le confort des occupants.

En effet, la présence d’humidité dans l’air intérieur est un facteur de développement d’agents pathogènes ou de moisissures dans l’habitat. Ceux-ci peuvent être dangereux, particulièrement chez les personnes les plus sensibles (enfants, personnes âgées, asthmatiques…). Par ailleurs, bien souvent, l’air intérieur est plus pollué que celui l’extérieur. Cela est notamment dû à la présence de polluants émis par les matériaux et les équipements, ainsi que par l’activité humaine. Un bon renouvellement de l’air est donc indispensable pour limiter les risques de pollution excessive.

L’humidité est également l’une des principales sources d’inconfort thermique pour le corps humain. Il convient de maintenir dans son habitat un taux d’humidité relative compris entre 35 % et 60 %. Sous le seuil de 35 %, l’air sera trop sec et pourra causer une gêne au niveau de la gorge. Au-dessus de 60 %, une sensation de froid se fera ressentir et elle pourra entraîner une augmentation de la consommation de chauffage. La gestion de la vapeur d’eau par le choix et la bonne mise en œuvre des matériaux de construction, d’isolation et de finition, couplés à un bon système de ventilation sont indispensables pour limiter le taux d’humidité et les risques associés.

Des problématiques spécifiques liées à la rénovation

Les travaux de rénovation réalisés au fil des années, aussi bien sur des bâtiments anciens que plus récents, peuvent être à l’origine de certains désordres. En effet, outre l’évolution du bâti et de l’environnement direct, certaines actions de rénovation peuvent engendrer des pathologies, souvent en lien avec l’humidité.

Parmi ces pathologies, on compte la condensation sur les murs, les remontés capillaires, les infiltrations ou encore la condensation dans les parois. Cette dernière peut tasser l’isolant existant, voire même dégrader les fonctions structurelles d’un mur en pierre. La plus problématique est le mérule, champignon qui s’attaque au bois et qui peut mettre en péril la structure du bâtiment.

Dans ces différents cas de figure, la première étape est d’identifier les pathologies et leurs origines. Il faut ensuite corriger le problème avant toute intervention de rénovation. Cela peut entraîner des travaux assez lourds mais indispensables : piquetage d’un enduit ciment et remplacement par enduit à la chaux, reprise de couverture, réfections de joints de murs, dépose et repose d’un plancher en bois (voire même solivage) …

Les bonnes pratiques pour rénover sans se tromper

Lorsque les pathologies sont corrigées, il est possible de rénover et d’isoler le bâtiment. Il est pour cela nécessaire de connaitre la composition des parois. Les techniques et les matériaux seront ainsi choisis pour s’adapter au bâti existant et pour éviter de perturber son fonctionnement naturel vis-à-vis de la migration de la vapeur d’eau.

Pour limiter les risques de condensation dans une paroi, une règle simple doit être respectée : ne pas bloquer la vapeur d’eau dans le mur. Pour cela l’ordre des matériaux est important. Les matériaux les plus fermés à la vapeur d’eau seront côté intérieur de la paroi. Plus les matériaux seront proches de l’extérieur et plus leur taux d’ouverture à la vapeur d’eau sera important. Pour s’assurer qu’il n’y ait pas de risque, il est vivement conseillé de réaliser une étude de transfert de la vapeur d’eau.

Les techniques de pose auront également un impact. L’isolation par l’extérieur réduira les risques de condensation dans la paroi. Si cette technique n’est toutefois pas applicable, une parfaite continuité de l’isolation intérieure et de l’étanchéité à la vapeur d’eau est essentielle pour limiter les points froids et les risques de condensation. Le choix d’une membrane hygrovariable permet aussi d’évacuer un excédent de vapeur d’eau dans la paroi.  Malgré ces précautions, le risque de présence d’humidité dans le mur n’est pas exclu. Il faut donc privilégier des matériaux capables de supporter la présence d’eau sans voir leurs performances thermiques dégradées. Les isolants biosourcés répondent parfaitement à ces enjeux.

Le dernier point à traiter est la ventilation. Conformément à la réglementation thermique, il est obligatoire de garantir un renouvellement d’air suffisant et permanent. L’installation d’une Ventilation Mécanique Contrôlée (VMC) simple flux ou double flux est particulièrement recommandée. Cette installation doit prendre en compte le bon dimensionnement de l’extraction et des arrivées d’air, ainsi que la bonne mise en œuvre des conduits. Enfin, il faut veiller à garantir un détalonnage suffisant sous les portes intérieures (2 cm minimum) pour favoriser la circulation de l’air dans l’habitat. Ce renouvellement de l’air, lié à un taux d’humidité optimal, est ainsi essentiel pour obtenir un air plus sain et préserver le confort de l’habitat.

 

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