Pourquoi et comment entreprendre une rénovation à haute performance énergétique ?

Par Maxime Daniau, Chargé d’animation et de développement Pays de la Loire

 

ÉCHOBAT poursuit son cycle de Rencontres Techniques à destination des adhérents du réseau. Lors des deux premières rencontres, nous nous étions intéressés aux enjeux et problématiques liés à l’humidité ainsi qu’à la prescription des matériaux biosourcés en isolation. Le 20 juin dernier, nous nous sommes réunis pour échanger et comprendre comment mieux orienter les porteurs de projets vers une démarche globale de rénovation à haute performance énergétique.

Rénover à haute performance énergétique pour répondre aux enjeux climatiques et sociétaux

L’objectif de rénover 500 000 logements par an en France s’inscrit dans l’ambition de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Afin d’atteindre cet objectif, la consommation énergétique annuelle moyenne du parc immobilier français devra être limitée à 50 kWh/m². Si les constructions neuves sont maintenant réglementées pour respecter cet objectif, les efforts restent importants pour la rénovation du bâti existant. Localement, Nantes Métropole se fixe pour objectif de rénover à basse consommation 10 000 logements du parc privé d’ici 2030 en allouant une enveloppe de 56 millions d’euros.

Outre l’enjeu environnemental, la rénovation énergétique réduit la dépendance aux énergies carbonées et non renouvelables. Cet axe est indispensable dans la transition énergétique. Une consommation énergétique réduite pourra être plus facilement assurée par des productions d’énergies renouvelables.

Enfin la précarité énergétique, ou l’incapacité de certains ménages à payer leurs factures d’énergie, est un problème majeur en France. Elle touche 5,6 millions de ménages soit 12 millions de personnes et cela continuera de s’aggraver avec l’augmentation du prix des énergies. De plus, bien souvent en l’absence de moyens, les logements ne sont plus chauffés et se dégradent. Rénover à basse consommation permettrait donc de limiter les risques de précarité énergétique tout en préservant le patrimoine.

Atteindre une performance énergétique optimale en réfléchissant le projet dans sa globalité

Actuellement, la rénovation porte trop souvent sur seulement un ou deux postes de travaux. L’objectif de respect d’un certain niveau de performance thermique est néanmoins atteint et permet au maître d’ouvrage d’obtenir des aides financières. Toutefois, la rénovation n’est pas suffisamment importante pour vraiment améliorer la performance thermique du bâtiment et avoir un réel impact sur la consommation énergétique et sur le confort (température intérieure plus stable en été comme en hiver et homogène dans le logement).

L’objectif de haute performance énergétique impose de changer la façon de rénover. Le projet doit alors être réfléchi dans sa globalité et la rénovation menée en une seule fois. Les interfaces techniques seront mieux gérées (pas de ponts thermiques, bonne étanchéité à l’air), tandis que l’étalement du chantier dans le temps et les coûts seront limités.

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Ce type de projet doit nécessairement être accompagné pour aboutir dans les meilleures conditions. Dans un premier temps, il est intéressant de solliciter les structures de conseil qui vont sensibiliser les ménages aux économies d’énergies. Ces structures sont également à même d’expliquer l’ensemble des aides financières mobilisables sur un projet et souvent indispensables pour l’entreprendre. Ainsi, Nantes Métropole dédie six conseillers Climat Énergie pour accompagner les ménages qui souhaitent rénover.

L’intervention d’un bureau d’études thermiques est ensuite essentielle pour réaliser un état des lieux précis et établir des préconisations de travaux à mettre en œuvre. Cette étape est par ailleurs obligatoire si les maîtres d’ouvrage visent l’obtention du label BBC Rénovation.

Coopérer, s’organiser, se coordonner et se former pour bien rénover

Un projet global de rénovation réunit des compétences multiples et variées. Il est donc nécessaire de s’appuyer sur des partenaires à chaque étape d’un projet, en commençant par les structures de conseil et un bureau d’études thermique pour l’élaboration du projet. L’architecte ou maître d’œuvre doit ensuite nécessairement intégrer les préconisations et conseils du bureau d’études dans la conception du projet. Il·elle doit également valider la faisabilité technique de ses choix auprès des entreprises et artisans.

Lors de la sélection des entreprises il est primordial de s’assurer que toutes maîtrisent la question de la performance énergétique. En annonçant l’objectif dès le départ, le défi devient collectif et chacun·e doit sentir qu’il·elle joue un rôle important dans la réussite du projet. Une des étapes importante d’une rénovation basse consommation est le test d’étanchéité à l’air. Ce moment est non seulement une validation, voire une célébration du travail bien fait, et peut aussi s’avérer pédagogique et formateur pour toutes les personnes qui sont intervenues sur le chantier.

Pour répondre aux objectifs de rénovation énergétique, tant en matière de quantité que de qualité, il est essentiel de sensibiliser les maîtres d’ouvrage en les invitant à réfléchir leur projet de manière globale. Il faut pour cela s’appuyer sur les différents acteurs à chaque étape du projet (structures de conseil, bureaux d’études, maîtres d’œuvre, artisans, etc.) et que chacun soit prescripteur d’une rénovation à haute performance.

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