Retour d’expérience sur la formation en situation de travail

ENERGIA SERVICES a récemment participé à un dispositif de formation innovant mis en place par ÉCHOBAT.  L’entreprise a accueilli des personnes en recherche d’emploi qui ont suivi 140 heures de formation en situation de travail sur chantier. Son directeur général, Serge Genet, revient avec nous sur cet accompagnement et son expérience d’accueil de personnes en insertion ou en apprentissage.

 

Pouvez-vous nous présenter ENERGIA SERVICES ?

ENERGIA Services ce sont en fait quatre entreprises spécialisées sur les métiers de la plomberie, la ventilation, la climatisation et le chauffage. Avec deux de ces entreprises (IDC Concept et Effet d’O), nous intervenons sur des gros chantiers, par exemple dans le secteur tertiaire, dans des établissements de santé, des salles de sport, etc. Les autres structures (Effet d’O Habitat et Energia Maintenance) sont dédiées d’une part à la maintenance et au dépannage et d’autre part au marché des particuliers.

Toutes structures confondues, nous comptons 54 salariés permanents en 2019. Un tiers de ces salariés est issu de l’insertion ou de l’intérim.

Ce n’est donc pas la première fois que vous avez accueilli du personnel en formation au sein de votre entreprise ?

Effectivement, nous travaillons depuis plusieurs années avec deux agences d’intérim et de travail temporaire d’insertion ainsi qu’avec le GEIQ (Groupement d’Employeurs pour l’Insertion et la Qualification). Nous avons cette volonté de former et de permettre aux personnes de retrouver un emploi. Cela nous donne aussi l’opportunité de détecter des potentiels, ce qui explique finalement le fait que nous ayons autant de salariés issus de ce parcours.

Quand nous recevons une personne en formation, qui présente une certaine détermination, un savoir-être, on arrive vite à déceler un potentiel. Lorsqu’il y a de la motivation, les personnes apprennent très vite. Mais en tant que dirigeant je réalise aussi qu’il est important d’insuffler un état d’esprit et de se donner les moyens en préparant un accueil de qualité.

Justement, comment s’est déroulée cette formation au sein de votre entreprise ?

Nous avions imaginé des temps de formations spécifiques sur des petits modules pour aborder concrètement des actions fondamentales. L’objectif était de permettre aux stagiaires de découvrir toutes les facettes de nos différents métiers et plusieurs typologies de chantiers et de clients. Cela les aide à identifier le métier et l’activité qui leur correspond. Par exemple, certains vont préférer travailler chez un particulier pour remplacer une chaudière, tandis que d’autres préfèreront intervenir sur un gros chantier dans un établissement de santé ou une salle de sport.

Et du côté de vos salariés qui endossaient le rôle de formateurs de ces stagiaires ?

En amont, nous avons passé du temps pour bien préparer les salariés encadrants. Nous avons surtout cherché à bien sensibiliser à la fois nos conducteurs de travaux et les personnes qui ont joué le rôle de formateurs. Nous les avons impliqués dans la démarche et nous avons veillé à ce que les stagiaires soient bien impliqués sur les chantiers. Il est important que quand les stagiaires repartent, ils aient le sourire et le sentiment d’avoir réellement appris quelque chose.

Nous avons aussi impliqué ces même salariés lorsque nous avons eu la possibilité d’embaucher un stagiaire afin d’avoir leur retour et leur ressenti. À l’issue de la formation, nous avons embauché une personne et nous avons aussi mis de côté le CV d’un second stagiaire que nous pourrons recontacter quand le volume de travail le permettra.

Y-a-t’il des inconvénients ou des freins à former et accompagner des personnes peu voire pas qualifiées ?

Selon moi, il n’y a pas de réel inconvénient. Nous jouons le rôle de formateur de manière très concrète sur les chantiers. Le diplôme m’importe finalement peu. Même sans formation, quand la personne a un bon état d’esprit et la volonté d’apprendre, nous lui transmettons les compétences. Ce n’est pas toujours facile et il faut faire des efforts. Il peut y avoir des erreurs de casting, mais j’ai eu plus de satisfactions que l’inverse. Je ne fais pas de raccourcis sur des personnes qui se sont reconverties ou qui étaient en échec scolaire. Il y a toujours quelque chose de positif à aller chercher.

Il est cependant primordial de mettre les personnes dans les meilleures conditions dès le début. J’ai tout intérêt à bien accueillir les stagiaires ou les intérimaires. Quand vous considérez la personne, vous en obtenez beaucoup plus en retour. Cela prend un certain temps, mais cet accueil est très important pour moi. Ce qui m’intéresse avec cet accompagnement et ces formations, c’est la défense de l’artisanat et la revalorisation de nos métiers de proximité.

 

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Témoignage de Didier Bahabi Sayone, stagiaire en formation dans l’entreprise :

Pouvez-vous nous expliquer brièvement votre parcours ?

J’avais suivi une formation au CAP d’installateur thermique et sanitaire en 2011. Malheureusement, je n’avais trouvé de poste à l’issue de cette formation. On relevait souvent mon manque d’expérience malgré quelques stages courts que j’avais réalisés. Cela m’avait découragé. J’ai travaillé pendant plusieurs années dans le secteur du social, mais j’avais toujours cette envie de travailler dans le monde du bâtiment.

Pourquoi avez-vous décidé de suivre cette formation ?

J’ai eu l’opportunité de participer à cette formation et j’étais très intéressé car elle se déroulait principalement en entreprise. Une petite partie de la formation portait sur de l’apprentissage théorique, mais le reste était sur chantier. J’ai souhaité y participer pour pouvoir gagner de l’expérience concrète dans les métiers du bâtiment.

Comment s’est déroulée la formation ?

Dès le premier jour, j’ai eu un très bon accueil et on m’a donné des explications sur l’entreprise et ses activités. J’ai été suivi pendant toute la formation par un tuteur, Cyril, qui m’a beaucoup appris. J’avais quelques notions grâce à mon CAP et notamment en soudure, mais je n’avais pas travaillé sur ces métiers depuis longtemps. J’ai pu acquérir beaucoup de nouvelles compétences et j’ai notamment travaillé avec de nombreux matériels que je ne connaissais pas.

Quel bilan en tirez-vous ?

J’ai trouvé la formation trop courte dans l’ensemble. Je pense que le nombre d’heures n’était pas suffisant pour maîtriser toutes les compétences, mais j’apprends vite et j’ai vraiment beaucoup apprécié travailler sur toutes ces nouvelles techniques. J’ai envie de progresser et j’apprenais de nouvelles choses tous les jours. C’était de très bonnes conditions de travail et j’ai été content de suivre cette formation. L’entreprise m’a proposé de suivre une deuxième formation, de trois mois cette fois, et de continuer ensuite avec un contrat de six mois.

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